C’est en 1847 que Ph. I. Semmelweiss est arrivé à la conclusion que c’est le portage de « particules cadavériques » par les étudiants est la méthode de transmission des miasmes, à l’origine de l’infection des jeunes femmes.
C’est en 1847 que Ph. I. Semmelweiss est arrivé à la conclusion que c’est le portage de « particules cadavériques » par les étudiants est la méthode de transmission des miasmes, à l’origine de l’infection des jeunes femmes.

C’est en 1847 que Ph. I. Semmelweiss est arrivé à la conclusion que c’est le portage de « particules cadavériques » par les étudiants est la méthode de transmission des miasmes, à l’origine de l’infection des jeunes femmes.

Ainsi, en Mai 1847, il propose un antiseptique à base d’une solution de chlorure de chaux. Nous remarquons qu’une solution pouvait être instaurée sans réel compréhension du phénomène (il ignorait ce qu’étaient des bactéries). PASTEUR, à la même époque, affirme qu’il faut désinfecter les mains avant de réaliser des actes chirurgicaux : 

« Au lieu de s’ingénier à tuer les microbes dans les plaies, ne serait-plus raisonnable de ne pas en introduire ? »

Plusieurs personnalités célèbres (Homles, Lister, Pasteur ou encore Nightingale) défendent la lutte contre les infections nosocomiales.

Flore cutanée normale en milieu hospitalier

C’est en 1936 que Price met à la disposition du public toutes ses études sur les flores de la peau des mains. Il identifie deux flores :• La flore de passage.• La flore résidente.

Le nombre de germes présents sur la peau des mains s’élève à plusieurs millions. Ses résultats seront confirmés par J.B Hann, qui conclut que les germes se situent majoritairement sous l’ongle. Les principales bactéries identifiées sont :• Staphylococcus epidermidis.• Coryné Bactérium.• Propionibacterium acnes.

Pourtant, la flore de passage est dite « très polymorphe avec des entérobactéries ». Les personnels des établissements de soins portent un nombre de élevé de bactéries à gram négatif ainsi que des bactéries résistant aux antibiotiques. Les mains représentent donc un sérieux moyen de transmission des bactéries, notamment en milieu hospitalier.

Lavage des mains et infections nosocomiales : une relation ?

E. Larson a conclu que le lavage et l’antisepsie des mains est une mesure basique de la prévention contre la transmission d’agents pathogènes en milieu hospitalier et pouvant causer des infections. Hypothèse appuyée par Gould, qui prouve que les mains des personnels des hôpitaux sont responsables de la transmission des germes.

Quelle méthode pour se laver les mains : lavage ou antisepsie ?

Il y a trois types de lavage des mains :1. Lavage simple (ou hygiénique) :• Élimination des salissures.• Diminution de la flore transitoire de passage.2. Lavage antiseptique :• Élimination des salissures.• Élimination / destruction de la flore de passage.• Diminution de la flore résidente.3. Lavage chirurgical :• Élimination des salissures.• Élimination / destruction de la flore de passage.• Diminution de la flore résidente.• Effet prolongé en l’absence des nouvelles contaminations microbiennes.

Il existe de nombreuses recommandations qui sont, plus ou moins, spécifiques à quelques secteurs d’activité. Il existe trois catégories de produits antiseptiques :1. Les savons simples : ils éliminent la flore de passage, sans pour autant atteindre la flore résidente.2. Les savons antiseptiques : ceux-ci associent des propriétés de détergence et antimicrobienne.3. Les solutions hydro-alcooliques : ceux-ci ont une activité bactéricide (stérilum® par exemple).

Il existe plusieurs critères pour faire le choix des produits antiseptiques : toxicité, efficacité, douceur, tolérance, activité, et bien évidemment le coût.

Il apparaît que les produits utilisables sur peau saine respectent les critères de « toxicité » et de « tolérance ». Néanmoins, les produits à base de Chlorhexidine peuvent provoquer des réactions allergiques chez les utilisateurs tandis que les produits à base d’Iode sont susceptibles de perturber la fonction thyroïdienne chez les personnes prédisposées.

Les normes AFNOR seront utilisées pour tester l’activité des ceux produits afin de dresser le spectre des produits par étude in-vitro. L’étude in-vivo a permis de confirmer le spectre d’activité sur les germes présents sur la peau des mains en évaluant la diminution de la flore (exprimée en log 10). Puis, le coût doit refléter la qualité du produit.

Une étude effectuée par l’Institut Pasteur de Lilles a prouvé que l’essuie-mains en papier et bien meilleur et bien plus efficace que l’utilisation de l’air pulsé ou du textile.

Se laver les mains ou utiliser des produits antiseptiques ?

Des études menées en Europe ou aux États-Unis ont prouvé que le lavage des mains pourrait, dans certains cas, être remplacé par l’application d’une solution antiseptique :1. L’observance reste faible.2. Le temps qu’il faut pour se laver les mains de façon efficace est long.3. Le rinçage requiert des installations sanitaires sous indisponibles.

Le lavage chirurgical demeure néanmoins le plus souhaitable lorsqu’il est indiqué.

Nos recommandations

La méthode à utiliser dépend majoritairement de ces deux facteurs :• Le niveau de risque infectieux.• Le geste pratiqué.

Il existe trois niveaux de risques, dépendant du geste de la personne :• Sur peau ou muqueuse saine.• Sur peau ou muqueuse lésée.• Gestes non invasifs : nécessitant un lavage simple.• Gestes invasifs : nécessitant un lavage antiseptique.• Gestes invasifs périphériques : pose des cathéters cours périphériques, d’une sonde urinaire, et manipulation des cathéters lors des injections.• Gestes chirurgicaux.• Gestes para-chirurgicaux : nécessitant un lavage chirurgical.

Il est important d’effectuer un lavage antiseptique avant d’appliquer des soins pour les malades immunodéprimés. Le choix du type de lavage dépendra de plusieurs caractéristiques en lien avec le type de geste effectué : y avait-il contact avec des excrétions, des sécrétions, des liquides biologiques ou du sang ? Par exemple, le lavage antiseptique sera choisi s’il y a eu contact direct avec des salissures.

Quelle conclusion en tirer ?

Il faut apprendre à maitriser le portage de germes pathogènes (ou potentiellement pathogènes) sur les mains des médecins soignants. C’est un pilier dans la prévention contre les infections.

L’antisepsie des mains, ou leur lavage, est inscrit dans une « démarche de soins globale ». C’est un acte raisonnée et cohérent à la fois basé sur des critères objectifs et scientifiques, basé sur des études expérimentales.