Syndrôme du canal caprien

canal-carpienLe syndrôme du canal carpien correspond à une compression du nerf médian lors de son passage dans la paume de la main. Ce nerf médian est essentiel puisqu’il assure la sensibilité des pulpes du pouce, de l’index et du majeur, ainsi que la motricité de certains muscles du pouce.

 

Qu’est ce que le canal carpien ?

Le canal carpien est un tunnel inextensible limité par les os du carpe en arrière (os de la paume de la main) et un épais ligament passant en pont au dessus de ces os (ligament annulaire antérieur du carpe). Le nerf médian passe à l’intérieur de ce canal inextensible, accompagné par les tendons fléchisseurs des doigts. Lorsque le canal se rétrécit et/ou si les enveloppes autour des tendons s’épaississent (ténosynovite, le nerf médian sera le premier élément à souffrir : le passage du courant électrique est ralenti dans le nerf par l’augmentation de la pression intra-canalaire, et les symptômes apparaissent.

 

Quelles sont les causes du canal carpien ?

Le syndrome du canal carpien est très fréquent dans l’ensemble de la population, avec une prédominance féminine. Quatre personnes sur mille habitants sont touchées par la pathologie. Les travailleurs de force ou les personnes ayant une activité manuelle répétitive (secrétaire, caissière, travail à la chaîne…) sont plus souvent atteints que la population générale. Dans certains cas, une prise en charge en Maladie Professionnelle est possible (tableau de maladie professionnelle n°57 du régime général de la sécurité sociale).

Certaines maladies, en augmentant l’épaisseur des tendons (ténosynovite), s’associent souvent à un canal carpien : hypothyroïdie, diabète, polyarthrite rhumatoïde.

La grossesse peut être également un facteur favorisant du syndrome du canal carpien.

Quels sont les symptômes du canal carpien ?

La compression du nerf médian lors de son passage au sein du canal carpien se traduit par des sensations d’engourdissement, de fourmillements voire de décharges électriques dans le territoire anatomique du nerf médian. Celui-ci correspond à la pulpe du pouce, de l’index et du majeur (parfois la moitié de l’annulaire). Ces symptômes peuvent s’étendre à la main et parfois au bras donnant au patient une sensation de main gonflée, endormie, sensation de circulation sanguine arrêtée, sensation de maladresse (le patient lâche les objets). On note souvent une faiblesse de la pince pouce-index, une diminution de la force et de la masse musculaire des muscles thénariens (muscles du pouce).

Le plus souvent, les symptômes apparaissent la nuit, réveillant le patient et l’obligeant parfois à se lever pour secouer la main pendant quelques minutes afin de faire disparaître les symptômes. Le réveil survient souvent vers trois heures du matin.

Dans la journée, les symptômes sont moins fréquents et déclenchés par certains mouvements ou certaines positions (téléphoner, lire un journal, conduire, tricoter, se servir d’un ordinateur ou d’un jeu vidéo).

Enfin, l’atteinte des deux mains est très fréquente.

Quels sont les examens complémentaires à passer pour diagnostiquer un syndrome du canal carpien ?

L’électromyogramme constitue l’examen complémentaire essentiel : il permet de confirmer le diagnostic et donne des informations sur le degré de compression du nerf médian lors de son passage au sein du canal carpien.

Plus la compression est importante, plus la conduction de l’électricité dans le nerf diminue pour devenir inexistante dans les formes évoluées de canal carpien.

 

Quel est le traitement du syndrome du canal carpien ?

Une infiltration de corticoïdes peut être réalisée dans les formes peu évoluées. L’effet obtenu n’est que, le plus souvent, temporaire : les signes réapparaissent en moyenne en deux à trois mois.

Le traitement chirurgical reste le traitement de référence. A l’inverse de l’infiltration, la récidive est exceptionnelle (de 2 à 3 %). L’intervention consiste à ouvrir l’épais ligament fermant le canal carpien afin de faire baisser la pression intra-canalaire et ainsi libérer le nerf médian. Elle s’associe à un nettoyage de l’inflammation (ténosynovite) entourant les tendons.

Cette intervention sera efficace si elle est effectuée dans les mois suivants l’apparition de la symptomatologie. A l’inverse, lorsqu’un nerf reste comprimé trop longtemps pendant plusieurs années, il sera altéré de manière importante et parfois irréversible. Dans ce cas, sa libération chirurgicale donnera de moins bons résultats.

Cette intervention est réalisée classiquement en ambulatoire (le patient ne reste pas dormir à la clinique) sous anesthésie loco régionale (seul le membre supérieur opéré est anesthésié).

L’intervention est réalisée par une technique mini invasive (l’ouverture cutanée est petite) avec ou sans sonde d’endoscopie (caméra rentrée dans la main). Ces techniques mini invasives permettent une récupération beaucoup plus rapide en post-opératoire. De ce fait, l’immobilisation stricte est courte  puisqu’elle ne dure que 48 heures. Par la suite les doigts peuvent être bougés le plus normalement possible. Les travaux en force et port de charges lourdes doivent tout de même être proscrits pendant trois semaines. Il s’agit d’une chirurgie peu douloureuse puisque après l’intervention, la douleur régresse en général sous un à deux jours. Grace à la prise d’un antalgique, il n’y a pas ou peu de douleurs.

Les fourmillements régressent le plus souvent en sept à dix jours. A l’inverse, les formes sévères évoluant depuis plusieurs années, peuvent nécessiter plusieurs mois de récupération pour voir disparaître complètement ou partiellement les symptômes.

La cicatrisation du ligament se fait actuellement à six semaines.

La région palmaire de la main, là où se trouve le canal carpien, reste sensible à la pression pendant trois à six mois.

Une diminution de la force de la main de 20 à 30 % persiste également pendant trois à six mois.

En cas de travail manuel, un arrêt de travail de trois à quatre semaines est habituel.

La récidive est possible, quoique rare (2 à 3%). Elle est plus présente chez les patients présentant des pathologies favorisantes (diabète hypothyroïdie, polyarthrite rhumatoïde…), surtout lorsque ces maladies sont mal équilibrée

 

 

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